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jeudi 7 novembre 2013

Quelques longicornes, troisième partie : Spondylis buprestoides, Oxypleurus nodieri, Arhopalus ferus, Arhopalus rusticus,Tetropium fuscum, Trichoferus pallidus, Molorchus minor, Stenopterus rufus, Stenopterus ater, Callimus abdominalis, Deilus fugax, Cerambyx cerdo, C. scopolii, Purpuricenus globulicollis, P. budensis.

Et voici un longicorne tout particulier, à tel point qu'il représente à lui seul, et pour toute l'Europe, non seulement un genre mais également une sous famille, celle des Spondylinae. Et quand on le voit pour la première fois, on peut être assez désorienté quand à sa famille, tant son "allure" peut faire hésiter ...
C'est le Spondylis buprestoides, un coléoptère nocturne et crépusculaire au corps cylindrique entièrement noir dont la larve consomme le bois de résineux.

Spondylis buprestoides (10-24 mm), un longicorne assez commun dans les boisements enrésinés.

Le même, un mâle, reconnaissable à ses puissantes mandibules.

Nous passons donc directement à la sous famille suivante, les Aseminae, qui regroupe une quinzaine d'espèces pour l'essentiel crépusculaires, nocturnes et plutôt ternes.
L'Oxypleurus nodieri est une espèce assez localisée, rare et plutôt méditerranéenne.

Oxypleurus nodieri (11-16 mm), discrète espèce liée aux résineux . Les adultes sont actifs une grande partie de l'année et peuvent être attirés par les lumières.
Les Arhopalus comptent trois espèces assez semblables inféodées aux résineux dont une n'est présente que dans le sud du pays.

Arhopalus ferus (9-27 mm), une espèce assez commune pouvant être confondue avec les deux autres.


Arhopalus rusticus (10-30 mm), la plus commune des trois espèces françaises qui se distingue des deux autres par ses yeux en partie poilus !
Portrait du même et détail de ses yeux partiellement pubescents.


Un autre représentant de cette sous famille, l'un des trois Tetropium de l'hexagone.

Tetropium fuscum., un longicorne de 16 mm dont la larve se nourrit du bois d'épicéa mort ou dépérissant.

Portait du même.




 La sous famille qui suit, celle des Cerambycinae, est l'une des plus nombreuse et regroupe, en Europe, environ 80 espèces d'aspects très différents.

Commençons par une espèce nocturne, longtemps considérée comme rare mais qui peut être localement abondante dans certaines chênaies anciennes, le Trichoferus pallidus.

Trichoferus pallidus (14-21 mm), actif dès le crépuscule parmi les grosses branches des vieux chênes.

Parmi les petits longicornes présentant des élytres plus courts que l'abdomen, laissant visibles les ailes membraneuses, une espèce est assez facilement visible sur les fleurs, au printemps, c'est le Molorchus minor dont la larve consomme le bois des conifères.

Molorchus minor (6-16 mm, toujours sans les antennes)


Molorchus minor, ici au décollage.

Les Stenopterus sont des longicornes de taille moyenne dont deux espèces vivent en France, le S. rufus, commun sur tout le territoire et aisément observable sur toutes sortes de fleurs et le Stenopterus ater, lui aussi commun, mais seulement sur le pourtour méditerranéen.

Stenopterus rufus (7-16 mm), espèce commune dont larve se développe dans le bois sec non résineux.

Stenopterus ater (6-14 mm), sa larve consomme le bois mort des branches de nombreux arbres feuillus.

Parés de couleurs métalliques, les Callimus sont plutôt printaniers et attirés par les fleurs de saison comme les aubépines. Deux espèces en France, l'une largement répandue mais peu commune et localisée, entièrement verte (C. angulatus) et l'autre, plus rare, strictement méditerranéenne et très localisée, Callimus abdominalis, dont voici la femelle :

Callimus abdominalis (7-9 mm) femelle, le mâle ayant le thorax noir


Assez répandu mais discret, le Deilus fugax peut se rencontrer dès le printemps et jusqu'en septembre sur et à proximité des genêts dans lesquels se développe sa larve. L'adulte affectionne également certaines petites euphorbes.
 
Deilus fugax (6-11 mm), une espèce assez thermophile.

Changement de dimensions avec le Grand capricorne (Cerambyx cerdo) dont les plus grands individus atteignent 55 mm, bien évidemment sans mesurer les antennes.
Cette espèce, protégée au plan national et européen, reste assez commune au sud de la latitude de Bordeaux (45°N) mais elle se raréfie à mesure que l'on remonte vers le nord où elle ne subsiste que dans quelques forêts caducifoliées anciennes ou dans les vieux réseaux bocagers.  


Cerambyx cerdo (24-55 mm), ici une femelle reconnaissable à ses antennes relativement courtes.

Le mâle, avec ses antennes impressionnantes.
Les adultes de cette espèce sont principalement crépusculaires et nocturnes (c'est toujours un charme de les voir voler lentement, le corps penché en arrière, les antennes dirigées en avant) mais peuvent être actifs en pleine journée par temps chaud . Le Cerambyx cerdo est lié aux chênes âgés dans lesquels se développe sa larve durant trois années (ou plus, selon le climat). Arrivée à la fin de son cycle, la larve creuse une galerie s'ouvrant sur l’extérieur puis l'obstrue d'un opercule calcaire afin de s'y nymphoser à l'abri. La nymphose a lieu à la fin de l'été mais les adultes passeront l'hiver dans la galerie pour n'en sortir qu'à la belle saison suivante.


Certains chênes semblent concentrer la présence de Cerambyx cerdo, d'année en année, parfois jusqu'à ce qu'il ne reste plus que le fût écorcé et blanchi, criblé de galeries, d'un arbre mort depuis longtemps.

Aspect d'un tronc de chêne mort dont l'écorce se détache, laissant apparaitre le tracé de multiples galeries larvaires.

Deux autres espèces de Cerambyx de taille et d'allure comparables sont également présentes dans le sud de la France.
Le Cerambyx scopolii est beaucoup plus petit, largement plus commun et diurne. Entièrement noir (C. cerdo a l'extrémité des élytres brun-rouge), il s'observe facilement sur les fleurs d'aubépines et de sureaux au début de la belle saison.

Cerambyx scopolii (18-28 mm), un mâle, reconnaissable à ses longues antennes dont les derniers articles semblent argentés.

Le même de profil.

Et de face.
Proches parents des Cerambyx mais colorés de rouge, voici les Purpuricenus, dont deux espèces sont très semblables : Purpuricenus kaehleri, largement répandu mais assez localisé et P. globulicollis, strictement méditerranéen.
 
Purpuricenus globulicollis (12-19 mm), une espèce très proche de P. kaehleri mais qui s'en distingue par la présence de petites dents à l'apex (extrémité) des élytres.


Assez commune dans le sud, la troisième espèce est une habituée des fleurs d'ombellifères, active aux heures chaudes.
 
Purpuricenus budensis (10-20 mm, sans les antennes).
 
























mardi 8 octobre 2013

Quelques longicornes, deuxième partie : Rhagium inquisitor, Rhagium bifasciatum, R. sycophanta, Rhamnusium bicolor, Stenocorus meridianus, Dinoptera collaris, Cortodera humeralis, Grammoptera abdominalis, Vadonia unipunctata, Stictoleptura scutellata, S. rubra, S. cordigera, S. trisignata, Anastrangalia sp, Pachytodes cerambyciformis, Pachytodes erraticus, Leptura aurulenta, Leptura quadrifasciata, Rutpela maculata, Pedostrangalia revestita, Necydalis ulmi.

Les premiers représentants de la vaste sous-famille des Lepturinae sont des longicornes à l'allure particulière, plutôt robustes, et aux antennes assez courtes, les Rhagium

Rhagium inquisitor (9-21 mm, sans les antennes), une espèce commune dont la larve se nourrit du bois mort des résineux. Les adultes éclosent en automne et passent l'hiver sous l'écorce.
Rhagium inquisitor, de profil.

Rhagium bifasciatum (12-22 mm), une espèce assez commune appréciant la fraîcheur dont la larve consomme le bois pourri des résineux et aussi parfois de feuillus.


Rhagium sycophanta (15-26 mm), la plus grosse espèce du pays, observable dès le premier printemps sur les souches, les bûches et les troncs de chênes morts, les adultes effectuant leur métamorphose à l'automne. Ses larves se nourrissent du bois mort de chêne.

Le même, vu de dessus.


Profil du Rhagium sycophanta, caractéristique de la sous-famille des Lepturinae.

Portrait du même.

En suivant la classification habituelle, nous arrivons maintenant à une espèce déjà évoquée dans le chapitre consacré aux longicornes des cavités, le Rhamnusium bicolor, un insecte peu commun, généralement nocturne et à la période d'apparition assez brève. Rarement observé, il est cependant très largement présent en Europe. Sa larve se développe dans le bois mort de nombreux arbres feuillus creux (tilleuls, marronniers, peupliers ...)


Rhamnusium bicolor (16-24 mm), un longicorne forestier désormais plus "fréquent" dans les arbres creux des vieux parcs que dans ses hêtraies d'origine ...

Un autre de profil, avec la base de ses "épaulettes" (épipleures) rouges, typiques de l'espèce.

Le Stenocorus meridianus, est une espèce assez printanière appréciant les boisements feuillus frais, parfois commune, visible sur le feuillage ensoleillé et sur diverses inflorescences.

Stenocorus meridianus, une espèce de coloration (de noir à jaune doré) et de taille (15-27 mm) variables.

Stenocorus meridianus, détail.

L'Akimerus schaefferi est une autre grosse espèce de Lepturinae, éventuellement observable, en France, dans les vieilles fûtaies de chêne de quelques rares massifs forestiers. Ce longicorne est présenté dans le chapitre relatif aux insectes dont les larves consomment le bois mort des racines.

Akimerus schaefferi (15-24 mm), ici une femelle, avec ses fascies claires  au milieu des élytres.

Plus petit, largement plus répandu et beaucoup plus commun, le Dinoptera collaris est visible sur de nombreuses fleurs durant une bonne partie de la belle saison. 


Dinoptera collaris (7-9 mm), un longicorne dont la larve se développe dans divers feuillus.

Plusieurs espèces de Cortodera sont présentes en Europe mais en France, une seule se rencontre en plaine : Cortodera humeralis, active de mai à juillet et appréciant particulièrement les fleurs de chênes.


Cortodera humeralis (7-11mm), la larve de cette espèce se nourrit du bois des branches mortes, surtout de chêne, tombées au sol.


La moins commune des trois espèces de Grammoptera de France est G. abdominalis dont la larve se développe dans les branches mortes des vieux boisements de chênes ou de châtaigniers. Les deux autres sont aisément observables sur toutes sortes de fleurs, durant la belle saison, et leurs larves, moins exigeantes que la précédente, se nourrissent du bois mort de nombreux arbres feuillus.


Grammoptera abdominalis (5-10 mm), une espèce principalement liée aux vieilles chênaies.

La suivante, Vadonia unipunctata, est surtout méditerranéenne et parfois localement abondante. 


Vadonia unipunctata (8-18 mm), sur une fleur de scabieuse.

Toujours dans la sous-famille des Lepturinae, s'avance maintenant le cortège des Stictoleptura, des espèces d'aspect assez semblable et de taille plutôt avantageuse.


Stictoleptura scutellata (12-20 mm), un longicorne habitué des grandes forêts de feuillus. Ici, un mâle, reconnaissable à son scutellum (la partie "triangulaire" à la base des élytres) d'apparence argentée, la femelle, plus trapue, l'ayant d'aspect doré.

Détail du même montrant la pilosité recouvrant le scutellum et la ponctuation des élytres.


Stictoleptura scutellata femelle


La même et son scutellum doré.

Stictoleptura rubra est une espèce liée aux conifères d'altitude qui s'est largement répandue en plaine à la suite de l'enrésinement des forêts.

Stictoleptura rubra (10-20 mm), le mâle, reconnaissable à ses élytres jaunes.



La femelle, assez différente ...

Voici la "lepture porte cœur", Stictoleptura cordigera, commune dans le sud mais rare au nord de la Loire, un longicorne visiteur de nombreuses fleurs hautes, comme les ombellifères ou les alliacées, de mai à août.


Stictoleptura cordigera (14-20 mm), une lepture appréciant les lieux bien exposés. Sa larve se développe dans le bois décomposé de divers arbres feuillus.


Préparation à l'envol.


Stictoleptura cordigera, détail des élytres.

Stictoleptura trisignata est une espèce fréquentant les vieux massifs forestiers feuillus méditerranéens, visible sur les fleurs et dans les cavités des arbres sénescents.


Stictoleptura trisignata (10-16 mm), un Lepturinae localisé mais relativement facile à observer, actif de juin à août.


Stictoleptura trisignata de face, avec ses premiers segments antennaires brun-rouges, un des critères distinguant cette espèce de deux autres d'aspect proche et également habituées des cavités des vieux arbres.


Les Anastrangalia sont principalement des espèces d'altitude dont les larves se développent dans le bois mort des résineux. Les mâles ont les élytres jaunâtres ceux des femelles étant plus ou moins rouges.

Anastrangalia sp (9-16 mm), ici une femelle mais l'espèce peut être confondue avec une autre (A. sanguinolenta et A. reyi)

Les Pachytodes comptent deux espèces en France dont l'une, Pachytodes cerambyciformis est commune et présente partout, appréciant notamment les ombellifères, le plus souvent non loin de l'eau ou des lieux humides.


Pachytodes cerambyciformis (7-12 mm), un habitué des lieux frais

Une autre espèce très proche mais beaucoup plus localisée, Pachytodes erraticus, se distingue de la précédente par différents critères (le jaune des élytres, sa forme plus allongée, les taches noires plus importantes ...)

Pachytodes erraticus (7-12 mm), une espèce rarement observée qui apprécie également les ombellifères.

La Leptura aurulenta est une espèce estivale d'assez belle taille, plutôt commune, dont l'aspect général et la "démarche" évoquent un hyménoptère, comme de nombreux autres insectes.

Leptura aurulenta (12-23 mm), ici une femelle, avec ses pattes et antennes brun-orangés. La femelle recherche les troncs d'arbres morts non-résineux pour y pondre.
 

Leptura aurulenta, le mâle, avec ses pattes et antennes d'un brun plus foncé.

Une espèce proche, Leptura quadrifasciata, fréquente les boisements humides, sa larve se développant dans le bois déjà partiellement décomposé de divers feuillus.

Leptura quadrifasciata (11-20 mm), se distingue de la précédente par, entre autres, ses taches nettement séparées le long de la suture des élytres. 

Un Lepturinae des plus fréquents, visible de mai à août sur de très nombreuses fleurs, se dénomme (attention à l’"astucieux" anagramme de LepturaRutpela maculata, une espèce largement répandue.


Rutpela maculata (13-20 mm), vue dorsale d'un mâle (reconnaissable aux échancrures internes de ses tibias postérieurs)

Le même sous un autre angle.
 Les Stenurella sont allongées, de taille modeste et franchement floricoles.


Stenurella melanura (6-10 mm), une espèce très commune, visible sur de nombreuses fleurs.

Nettement moins commun, le Lepturinae Pedostrangalia revestita est un hôte des vieux boisements d'arbres feuillus. Cette espèce, de coloration variable, est parfois observable sur les fleurs d'ombellifères, les fleurs d'aubépine ou prenant le soleil matinal posée sur une feuille en hauteur.


Pedostrangalia revestita (8-15 mm). Les spécimens de cette espèce peuvent présenter des élytres bleus ou jaunes.


Déjà évoquée dans le chapitre des longicornes liés aux cavités des vieux arbres et pour "finir" avec les Lepturinae, voici la grande, rare et étrange Necydalis ulmi, active en milieu de journée et vers 19 h, de la fin de juin au début de juillet ...

Necydalis ulmi (21-32 mm), une des deux espèces (très semblables) présentes en Europe.