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vendredi 9 août 2013

Quelques buprestes (2) : Acmaeodera pilosellae, A. quadrifasciata pruneri, A. cylindrica, Acmaeoderella flavofasciata, Chalcophora mariana, Dicerca aenea, D. berolinensis, Eurythyrea micans, Phaenops cyanea, Chrysobothris affinis, C.solieri, Coraebus florentinus, Coraebus undatus, C. rubi, Trachys minutus

Nous avons vu dans la première partie traitant des buprestes qu'il existait, entre autres, de nombreuses espèces à taches, pois ou macules jaunes. Nous allons maintenant voir dans ce second volet qu'elles n'étaient pas les seules !
Ainsi, chez les Acmaeodera et les Acmaeoderella, deux sous-familles des buprestes très proches, les exemples se retrouvent, comme Acmaeodera pilosellae aux motifs assez originaux :

Acmaeodera pilosellae (6-10 mm), un méridional dont la larve se développe dans les petites branches de différents feuillus.


Le même sous un autre angle.

Mais tous ne présentent pas ces caractéristiques, certains sont immaculés comme la sous espèce de France continentale d'Acmaeodera quadrifasciata pruneri (alors que celle de Corse et de Sardaigne est largement marquée de jaune)

Acmaeodera quadrifasciata pruneri (6-11 mm), une espèce présente dans le Var, l'Hérault et en Ardèche.

Il en est même une velue, répandue sur l'ouest méditerranéen mais très localisée en France : Acmaeodera cylindrica, que voici :

Acmaeodera cylindrica (7-11,5 mm), un bupreste à toison
Acmaeodera cylindrica, de profil


Acmaeodera cylindrica, détail.


Chez les Acmaeoderella, la plupart des espèces de ce genre affiche des taches jaunes, comme l'une des plus communes d'entre-elles, la bien nommée Acmaeoderella flavofasciata :

Acmaeoderella flavofasciata (6,5-10 mm), présente sur le pourtour méditerranéen.

Le géant de la famille, pour ce qui concerne la France, c'est le Chalcophora mariana, une espèce atteignant les 32 mm, visible assez communément sur les souches et les troncs des pins abattus (dans lesquels se développe sa larve), au sud du pays. Une autre espèce proche (C. intermedia) se trouve en Corse et en Sardaigne mais n'est connue du continent que par une sous-espèce localisée à la seule station de Saint Guilhem le Désert, dans l'Hérault, haut lieu de l'observation des buprestes.
Voici l'animal :

Chalcophora mariana, le plus gros bupreste de nos contrées.


D'autres buprestes d'assez grande taille peuvent être vus sur les troncs de divers arbres dépérissants, ce  sont les Dicerca, dont le représentant le plus commun, du moins dans le sud, est Dicerca aenea. Sa larve se développe principalement dans le bois des peupliers ou des saules. L'adulte est actif aux heures chaudes mais reste discret malgré sa taille, surtout lorsqu'il est immobile sur l'écorce.



Dicerca aenea (18-24 mm).


 
Détail des élytres



Dicerca aenea, portrait

Le Dicerca berolinensis est une espèce liée aux hêtres dont l'adulte est visible de mai à septembre. Je remets une photo de ce bupreste déjà évoqué dans un chapitre précédent.

Dicerca berolinensis (19-24 mm), un hôte peu commun des vieilles hêtraies ...

En France, deux autres espèces de Dicerca existent, l'une dont la larve se développe dans l'aulne, d'assez large répartition, la seconde, alpine et beaucoup plus localisée, se trouvant sur les pins et les épicéas.

Les Eurythyrea sont également de grands buprestes et comptent trois espèces dans l'hexagone. La plus facile à observer est Eurythyrea micans, plutôt méditerranéenne, dont le développement larvaire se déroule en général dans les vieux peupliers ou saules blancs mais qui a été signalée de l'eucalyptus.


Eurythyrea micans (16-22 mm), actif, comme les autres buprestes, aux heures les plus chaudes. Les adultes sont visibles de fin juin à août. 
L' Eurythyrea austriaca, d'aspect assez semblable à E. micans, surtout présent dans les Pyrénées, est lié aux sapins dépérissants ou abattus sur lesquels pondra la femelle. La troisième espèce, Eurythyrea quercus, entièrement verte, est presque nordique puisqu'elle remonte jusqu'à Fontainebleau... Elle se développe dans les troncs et les fortes branches des vieux chênes morts et des châtaigniers ; localisée et considérée comme rare, cette espèce discrète ne peut exister sans ces arbres très âgés.

 Commun sur les pins du sud de la France, le Phaenops cyanea est le plus fréquent des représentants de ce genre.


Phaenops cyanea (7-12 mm)

Phaenops cyanea grignotant dais aiguilles de pin.


Les Chrysobothris comptent trois espèces assez ressemblantes, en France, dont deux communes, la troisième (C. chrysostigma) ne se trouvant que dans certaines forêts froides de montagne.


Chrysobothris affinis (10-14 mm), commun sur les chênes abattus, les bûches, d'avril à août.


Chrysobothris affinis de profil, ici sur un chêne liège.

Chrysobothris solieri (7-12 mm), commun sur les pins abattus.
  

Envol d'un Chrysobothris solieri

Le Coraebus florentinus est un habitué des chênaies où ses larves se développent dans les petites branches vivantes bien exposées.

Coraebus florentinus (13-16 mm), un bupreste commun mais discret.



Coraebus florentinus, un autre spécimen avec une dominante plus "bronzée".


Coraebus florentinus, de face.


Une autre espèce de Coraebus apprécie les chênes, c'est le C. undatus, dont les galeries peuvent déprécier l'écorce des chênes-lièges.

Coraebus undatus (10-14 mm)

Le même sous un autre angle.

Une espèce plus petite est communément visible, dans la moitié sud, sur les feuilles des ronces ensoleillées, c'est le Coraebus rubi.

Coraebus rubi (8-11 mm). 

Il existe aussi de petites espèces de buprestes dont les larves vivent dans l'épaisseur des feuilles (larves mineuses),   la taille des adultes ne dépassant pas les 3,5 mm ; ce sont les Trachys.

Un couple de Trachys minutus, une espèce commune et très largement répandue.