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samedi 7 septembre 2013

Quelques longicornes, ou capricornes, (cerambycidae), première partie : Ergates faber, Prionus coriarius, Aegosoma scabricornis, Vesperus strepens.


Les longicornes ou capricornes composent une famille (cerambycidae) très riche en espèces qui ont, pour la plupart, la particularité d'être dotées de longues antennes, comme le laisse soupçonner leurs appellations vernaculaires. Les larves de nombreuses espèces se développent dans le bois mort ou dépérissant mais d'autres consomment les racines ou l’intérieur de la tige de plantes herbacées. Les adultes peuvent être floricoles ou rechercher les suintements de sève et apprécient à l'occasion les fermentations des fruits très mûrs.

Une des plus grosses espèces de la faune française métropolitaine est l'Ergates faber dont la larve se nourrit du bois mort des pins. Cet insecte est assez largement présent en Europe et n'est pas rare dans le sud. L'adulte est nocturne et actif de juillet à septembre. Comme souvent chez cette famille, le mâle est doté d'antennes plus longues que celles de la femelle. Les antennes ne sont jamais prises en compte dans la mesure des longicornes (ni des autres familles).


Ergates faber, ici une femelle, une grande espèce (jusqu'à 50 mm, sans les antennes) plutôt méridionale.

La même, d'un peu plus près.


Le portrait et l'aspect des mandibules permettant à l'adulte de sortir du tronc où s'est développée sa larve.

Un autre représentant de cette sous-famille de cerambycidae de grande taille (prioninae), le Prionus coriarius (25-40 mm) se rencontre assez communément de juillet à septembre, actif sur les troncs et les souches, en soirée ou par temps chaud, l'après midi. La larve de cette espèce se développe principalement dans les souches ou les racines des arbres feuillus morts sur pied mais aussi, bien que plus rarement, dans celles de résineux, cas de figure peu fréquent chez les coléoptères consommateurs de bois morts (saproxylophages).


Prionus coriarius mâle (les antennes des femelles ont les articles moins "dentés")        

Portrait du même mâle.     
Portrait d'une femelle.


Toujours chez les Prioninae, une autre grande espèce (jusqu'à 50 mm, sans les antennes), déjà évoquée dans le chapitre des longicornes des cavités, se rencontre lors des chaudes soirées d'été où il peut être attiré par les lumières. C'est l'Aegosoma scabricornis, un hôte habituel des hêtraies âgées, désormais rares, qui trouve dans les alignements des vieux arbres feuillus des parcs anciens (tilleuls, marronniers, charmes ...) un habitat de substitution. Présent également dans le bois mort des saules et frênes de certaines forêts alluviales. Le jour, les adultes se cachent sous les écorces ou dans les cavités des arbres. Voici donc un des plus "coloré" de cette sous famille plutôt terne.


Aegosoma scabricornis mâle
  

Le même, vu de dessus.

 
Aegosoma scabricornis femelle avec l’ovipositeur bien visible. 

Deux autres espèces de prioninae existent en France, l'une dans certaines vieilles forêts de pins d'altitude des Alpes et des Pyrénées (Tragosoma depsarium) et l'autre, localisée à l'extrème sud-est, se développant dans les vieux chêne-lièges ou chênes verts (Prinobius myardi). 

La sous-famille suivante présente des longicornes étranges, à l'allure toute particulière. Ce sont les vesperinae, des longicornes comptant une dizaine d'espèces en Europe méridionale dont trois se rencontrent en France. 
En voici une, Vesperus strepens, certainement la moins localisée du pays.

Vesperus strepens mâle (30 mm)

Détail du même.
Et portrait du même.

Les mâles sont nocturnes et peuvent être attiré par les lumières. Les femelles pondent leurs œufs dans le sol et les larves se nourrissent des racines de diverses plantes.