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mardi 8 octobre 2013

Quelques longicornes, deuxième partie : Rhagium inquisitor, Rhagium bifasciatum, R. sycophanta, Rhamnusium bicolor, Stenocorus meridianus, Dinoptera collaris, Cortodera humeralis, Grammoptera abdominalis, Vadonia unipunctata, Stictoleptura scutellata, S. rubra, S. cordigera, S. trisignata, Anastrangalia sp, Pachytodes cerambyciformis, Pachytodes erraticus, Leptura aurulenta, Leptura quadrifasciata, Rutpela maculata, Pedostrangalia revestita, Necydalis ulmi.

Les premiers représentants de la vaste sous-famille des Lepturinae sont des longicornes à l'allure particulière, plutôt robustes, et aux antennes assez courtes, les Rhagium

Rhagium inquisitor (9-21 mm, sans les antennes), une espèce commune dont la larve se nourrit du bois mort des résineux. Les adultes éclosent en automne et passent l'hiver sous l'écorce.
Rhagium inquisitor, de profil.

Rhagium bifasciatum (12-22 mm), une espèce assez commune appréciant la fraîcheur dont la larve consomme le bois pourri des résineux et aussi parfois de feuillus.


Rhagium sycophanta (15-26 mm), la plus grosse espèce du pays, observable dès le premier printemps sur les souches, les bûches et les troncs de chênes morts, les adultes effectuant leur métamorphose à l'automne. Ses larves se nourrissent du bois mort de chêne.

Le même, vu de dessus.


Profil du Rhagium sycophanta, caractéristique de la sous-famille des Lepturinae.

Portrait du même.

En suivant la classification habituelle, nous arrivons maintenant à une espèce déjà évoquée dans le chapitre consacré aux longicornes des cavités, le Rhamnusium bicolor, un insecte peu commun, généralement nocturne et à la période d'apparition assez brève. Rarement observé, il est cependant très largement présent en Europe. Sa larve se développe dans le bois mort de nombreux arbres feuillus creux (tilleuls, marronniers, peupliers ...)


Rhamnusium bicolor (16-24 mm), un longicorne forestier désormais plus "fréquent" dans les arbres creux des vieux parcs que dans ses hêtraies d'origine ...

Un autre de profil, avec la base de ses "épaulettes" (épipleures) rouges, typiques de l'espèce.

Le Stenocorus meridianus, est une espèce assez printanière appréciant les boisements feuillus frais, parfois commune, visible sur le feuillage ensoleillé et sur diverses inflorescences.

Stenocorus meridianus, une espèce de coloration (de noir à jaune doré) et de taille (15-27 mm) variables.

Stenocorus meridianus, détail.

L'Akimerus schaefferi est une autre grosse espèce de Lepturinae, éventuellement observable, en France, dans les vieilles fûtaies de chêne de quelques rares massifs forestiers. Ce longicorne est présenté dans le chapitre relatif aux insectes dont les larves consomment le bois mort des racines.

Akimerus schaefferi (15-24 mm), ici une femelle, avec ses fascies claires  au milieu des élytres.

Plus petit, largement plus répandu et beaucoup plus commun, le Dinoptera collaris est visible sur de nombreuses fleurs durant une bonne partie de la belle saison. 


Dinoptera collaris (7-9 mm), un longicorne dont la larve se développe dans divers feuillus.

Plusieurs espèces de Cortodera sont présentes en Europe mais en France, une seule se rencontre en plaine : Cortodera humeralis, active de mai à juillet et appréciant particulièrement les fleurs de chênes.


Cortodera humeralis (7-11mm), la larve de cette espèce se nourrit du bois des branches mortes, surtout de chêne, tombées au sol.


La moins commune des trois espèces de Grammoptera de France est G. abdominalis dont la larve se développe dans les branches mortes des vieux boisements de chênes ou de châtaigniers. Les deux autres sont aisément observables sur toutes sortes de fleurs, durant la belle saison, et leurs larves, moins exigeantes que la précédente, se nourrissent du bois mort de nombreux arbres feuillus.


Grammoptera abdominalis (5-10 mm), une espèce principalement liée aux vieilles chênaies.

La suivante, Vadonia unipunctata, est surtout méditerranéenne et parfois localement abondante. 


Vadonia unipunctata (8-18 mm), sur une fleur de scabieuse.

Toujours dans la sous-famille des Lepturinae, s'avance maintenant le cortège des Stictoleptura, des espèces d'aspect assez semblable et de taille plutôt avantageuse.


Stictoleptura scutellata (12-20 mm), un longicorne habitué des grandes forêts de feuillus. Ici, un mâle, reconnaissable à son scutellum (la partie "triangulaire" à la base des élytres) d'apparence argentée, la femelle, plus trapue, l'ayant d'aspect doré.

Détail du même montrant la pilosité recouvrant le scutellum et la ponctuation des élytres.


Stictoleptura scutellata femelle


La même et son scutellum doré.

Stictoleptura rubra est une espèce liée aux conifères d'altitude qui s'est largement répandue en plaine à la suite de l'enrésinement des forêts.

Stictoleptura rubra (10-20 mm), le mâle, reconnaissable à ses élytres jaunes.



La femelle, assez différente ...

Voici la "lepture porte cœur", Stictoleptura cordigera, commune dans le sud mais rare au nord de la Loire, un longicorne visiteur de nombreuses fleurs hautes, comme les ombellifères ou les alliacées, de mai à août.


Stictoleptura cordigera (14-20 mm), une lepture appréciant les lieux bien exposés. Sa larve se développe dans le bois décomposé de divers arbres feuillus.


Préparation à l'envol.


Stictoleptura cordigera, détail des élytres.

Stictoleptura trisignata est une espèce fréquentant les vieux massifs forestiers feuillus méditerranéens, visible sur les fleurs et dans les cavités des arbres sénescents.


Stictoleptura trisignata (10-16 mm), un Lepturinae localisé mais relativement facile à observer, actif de juin à août.


Stictoleptura trisignata de face, avec ses premiers segments antennaires brun-rouges, un des critères distinguant cette espèce de deux autres d'aspect proche et également habituées des cavités des vieux arbres.


Les Anastrangalia sont principalement des espèces d'altitude dont les larves se développent dans le bois mort des résineux. Les mâles ont les élytres jaunâtres ceux des femelles étant plus ou moins rouges.

Anastrangalia sp (9-16 mm), ici une femelle mais l'espèce peut être confondue avec une autre (A. sanguinolenta et A. reyi)

Les Pachytodes comptent deux espèces en France dont l'une, Pachytodes cerambyciformis est commune et présente partout, appréciant notamment les ombellifères, le plus souvent non loin de l'eau ou des lieux humides.


Pachytodes cerambyciformis (7-12 mm), un habitué des lieux frais

Une autre espèce très proche mais beaucoup plus localisée, Pachytodes erraticus, se distingue de la précédente par différents critères (le jaune des élytres, sa forme plus allongée, les taches noires plus importantes ...)

Pachytodes erraticus (7-12 mm), une espèce rarement observée qui apprécie également les ombellifères.

La Leptura aurulenta est une espèce estivale d'assez belle taille, plutôt commune, dont l'aspect général et la "démarche" évoquent un hyménoptère, comme de nombreux autres insectes.

Leptura aurulenta (12-23 mm), ici une femelle, avec ses pattes et antennes brun-orangés. La femelle recherche les troncs d'arbres morts non-résineux pour y pondre.
 

Leptura aurulenta, le mâle, avec ses pattes et antennes d'un brun plus foncé.

Une espèce proche, Leptura quadrifasciata, fréquente les boisements humides, sa larve se développant dans le bois déjà partiellement décomposé de divers feuillus.

Leptura quadrifasciata (11-20 mm), se distingue de la précédente par, entre autres, ses taches nettement séparées le long de la suture des élytres. 

Un Lepturinae des plus fréquents, visible de mai à août sur de très nombreuses fleurs, se dénomme (attention à l’"astucieux" anagramme de LepturaRutpela maculata, une espèce largement répandue.


Rutpela maculata (13-20 mm), vue dorsale d'un mâle (reconnaissable aux échancrures internes de ses tibias postérieurs)

Le même sous un autre angle.
 Les Stenurella sont allongées, de taille modeste et franchement floricoles.


Stenurella melanura (6-10 mm), une espèce très commune, visible sur de nombreuses fleurs.

Nettement moins commun, le Lepturinae Pedostrangalia revestita est un hôte des vieux boisements d'arbres feuillus. Cette espèce, de coloration variable, est parfois observable sur les fleurs d'ombellifères, les fleurs d'aubépine ou prenant le soleil matinal posée sur une feuille en hauteur.


Pedostrangalia revestita (8-15 mm). Les spécimens de cette espèce peuvent présenter des élytres bleus ou jaunes.


Déjà évoquée dans le chapitre des longicornes liés aux cavités des vieux arbres et pour "finir" avec les Lepturinae, voici la grande, rare et étrange Necydalis ulmi, active en milieu de journée et vers 19 h, de la fin de juin au début de juillet ...

Necydalis ulmi (21-32 mm), une des deux espèces (très semblables) présentes en Europe.