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mercredi 12 février 2014

Quelques longicornes, dernière partie : Anaesthetis testacea, Saperda scalaris, Saperda perforata, S. punctata,

Toujours dans la sous-famille des Lamiinae, Anaesthetis testacea, une espèce assez fréquente des lisières ensoleillées dont la larve se développe dans le bois mort non résineux, particulièrement celui des chênes et des châtaigniers.

Anaesthetis testacea (6-10 mm), une espèce plutôt forestière.

Les saperdes présentent souvent une livrée originale qui les distingue aisément des autres longicornes. L'une des plus visuellement remarquable est l'espèce suivante, Saperda scalaris, dont la larve apprécie le bois de très nombreux feuillus.


Saperda scalaris (11-19 mm), ici en livrée jaune soufre.

Un autre spécimen de Saperda scalaris, dans une version plus grise.

Saperda scalaris, l'envol.

L'espèce suivante, Saperda perforata, était connue comme assez rare et localisée mais il semble que ce longicorne profite des peupleraies endommagées par le vent, affaiblies et laissées à l'abandon pour étendre sa répartition.


Saperda perforata (12-20 mm), une espèce dont la larve se développe sous l'écorce des peupliers morts ou dépérissants.

La même, de profil.



Nymphe de Saperda perforata peu de temps avant l’émergence de l'insecte adulte, l'imago.


La larve de Saperda punctata se développe dans les ormes morts ou affaiblis. Les adultes de cette espèce se trouvent aussi, de mai à juillet, sur le feuillage et les branches de ces arbres et peuvent être actifs aux heures chaudes.


Saperda punctata (11-18 mm), ici un mâle aux longues antennes, une espèce relativement peu commune liée aux ormes.

Le même spécimen, avec les taches sur les segments abdominaux qui distinguent Saperda punctata de l'espèce proche S. octopunctata, plus rare et principalement liée aux tilleuls.

Une femelle Saperda punctata, un peu plus massive que le mâle.


La même, vue de dessus. La coloration de cette espèce varie du bleuâtre au vert pâle.













lundi 3 février 2014

Quelques longicornes, avant-dernière partie : Dorcadion fuliginator, Mesosa curculionides, Mesosa nebulosa, Niphona pictinicornis, Morimus asper, Monochamus galloprovincialis, Monochamus sutor, Pogonocherus hispidus, Pogonocherus hispidulus, Acanthocinus aedilis, Leiopus nebulosus, Exocentrus adspersus, Aegomorphus clavipes

Dernière sous-famille des cerambycidae pour ce qui concerne la faune française métropolitaine, voici les Lamiinae, longicornes au "faciès" caractéristique.
Les Dorcadions forment un groupe très diversifié, particulièrement en Espagne, et ont la particularité de ne pas avoir d'ailes membraneuses sous leurs élytres ; ils sont donc incapables de voler et se déplacent au sol.
Leurs larves se nourrissent des racines de différentes graminées et les adultes, actifs dès le début du printemps, se cachent sous les pierres ou au cœur des touffes d'herbes par mauvais temps.
Trois espèces se rencontrent en France, la plus commune étant Dorcadion fuliginator.   


Dorcadion fuliginator (10-16 mm)

Portrait du même.

Les Mesosa sont particulièrement cryptiques lorsqu'ils sont immobiles sur l'écorce des branches ou des bûches d'arbres feuillus qu'ils fréquentent. Mesosa curculionides possède une livrée originale rendant cette espèce, parfois active aux heures chaudes, inconfondable dans nos contrées. 


Mesosa curculionides (10-17 mm, sans les antennes), allure générale.

Détail d'un autre spécimen.

Le même, un peu plus de côté


De face, les ocelles font forte impression.

L'autre espèce, Mesosa nebulosa, n'est pas rare dans les chênaies où sa larve se nourrit du bois mort et sec des petites branches. L'adulte est crépusculaire.


Mesosa nebulosa (9-15 mm), commun mais discret.


Un petit quelque chose de caprin dans ce portrait.

Étonnant, non ?


Portrait de Mesosa nebulosa.

Allez, une chouette dernière pour finir la série !


Mesosa nebulosa nette de pied en cap !


Présente sur une mince bande cernant la méditerranée, Niphona pictinicornis est aussi une espèce discrète bien qu'active d'avril à octobre.


Niphona pictinicornis (12-19 mm). Sa larve se développe dans le bois mort et sec de nombreux feuillus.

La même, plus de profil.


L'une des plus grandes espèces de cette sous-famille est le Morimus asper, largement répandu et parfois localement commun, actif d'avril à août. Sa larve se nourrit préférentiellement du bois de hêtre mais peut aussi se développer dans du bois de conifère.

Morimus asper (16-38 mm) est une espèce dépourvue d'ailes membraneuses et donc inapte au vol.

Le même de profil, un mâle avec ses très longues antennes.

Portrait du Morimus asper.
Une espèce proche, Lamia textor, aux antennes beaucoup plus courtes se rencontre au voisinage des saules ou des peupliers.

Les Monochamus sont des longicornes de grande taille dont les larves se développent dans les conifères affaiblis.


Monochamus galloprovincialis (12-26 mm), un habitué des pinèdes, ici une femelle, avec ses antennes nettement annelées.

Il se trouve que cette espèce est le vecteur d'un nématode (vers de moins d'un millimètre) invasif (Bursaphelenhus xylophilus), introduit accidentellement au Portugal et qui décime différents pins.


La même, plus de profil.

C'est en se nourrissant des jeunes aiguilles de pin que le Monochamus galloprovincialis adulte disperse le nématode, lequel se développe très vite et provoque un dépérissement rapide de l'arbre. Et c'est précisément ce type d'arbre que recherche la femelle de ce longicorne pour y pondre ses œufs...


Monochamus sutor (15-24 mm), une espèce plutôt montagnarde, ici un mâle (très longues antennes unicolores) .

Le Monochamus sutor est diurne et fréquente, de juin à septembre, les tas de bûches et les troncs abattus de divers conifères.

Monochamus sutor, une femelle, avec ses antennes plus courtes et annelées.


Les Pogonocherus sont des petits longicornes (moins de 10 mm) dont les larves se nourrissent du bois mort des petites branches, de résineux pour certaines espèces ou de feuillus, pour les autres.
En voici deux parmi les plus communs.

Pogonocherus hispidus (4-6 mm), une espèce active d'avril à septembre. Remarquez les trois houppes de poils ornant chaque élytre. Sa larve se développe dans les branchettes mortes de nombreux arbres feuillus.

Pogonocherus hispidulus (5-7 mm), une espèce appréciant les tilleuls.


Habitués des conifères abattus ou dépérissants, les Acanthocinus sont surtout représentés en plaine par une espèce, les deux autres étant plus localisées quoique présentes dans les Landes, où l'enrésinement bat son plein.


Acanthocinus aedilis (12-20 mm), ici une femelle, les mâles ayant les antennes encore plus longues.

Une autre femelle.


Acanthocinus aedilis, détail.


Lui aussi très discret, le commun Leiopus nebulosus peut se rencontrer, en mai-juillet, aux alentours des branches sèches de nombreux arbres feuillus dans lesquelles se développe sa larve.


Leiopus nebulosus (6-10 mm), une espèce largement répandue.

Les Exocentrus sont représenté en France par trois espèces assez semblables, aux mœurs crépusculaires, dont les larves consomment le bois mort des petites branches de divers feuillus.

Exocentrus adspersus (5-8 mm), la plus commune et la plus grande espèce de ce genre de nos contrées.


L'Aegomorphus clavipes est aussi un as du camouflage appréciant les arbres feuillus morts ou abattus, tout particulièrement les peupliers.


Aegomorphus clavipes (7-17 mm), assez commun mais peu visible.








jeudi 23 janvier 2014

Quelques longicornes, quatrième partie : Aromia moschata, hylotrupes bajulus (le capricorne des charpentes ou des maisons), Ropalopus femoratus, Pyrrhidium sanguineum, Phymatodes testaceus, Poecilium pusilum, Xylotrechus rusticus, Xylotrechus arvicola, Xylotrechus antilope, X. stebbingi, Clytus arietis, Plagionotus arcuatus, P. detritus, P. floralis, Pseudosphegestes cinerea, Chlorophorus pilosus, C. varius, C. figuratus, C. sartor, C. ruficornis, C. trifasciatus, Anaglyptus mysticus.


Toujours dans la sous-famille des Cerambycinae, commençons cet article par un longicorne de belle taille, paré d'une livrée vert-cuivreux métallique et qui, au moins pour les mâles, sent bon, dégageant un arôme musqué des plus agréables et assez persistant pour lui valoir son nom : Aromia moschata.


Aromia moschata, une grande espèce (13-34 mm), unique en son genre en France, largement répandue, assez commune mais étonnement discrète.

Cette originale fréquente, de juin à septembre, les lieux humides, les bords des cours d'eau où vivent les saules dans lesquels se développe sa larve.


Un mâle (très longues antennes) dans une version particulièrement cuivreuse.

L'Aromia moschata est sans doute l'un des insectes de nos contrées les plus à même d'impressionner la mémoire de qui vient à le croiser sans précédemment en connaître l'existence. Il faut admettre que l'animal est superbe, tenez, regardez-le encore !

Aromia moschata, femelle d'une trentaine de millimètres (toujours sans les antennes !) 


Toilette sur fleur d'apiacée (Grande berce)



Aromia moschata, détail de la tête et du thorax.

Bon, ce n'est pas facile de passer après l'Aromia, surtout quand on est défavorablement connu des services concernés ...
Car le suivant est l'une des craintes des propriétaires de vieilles charpentes en résineux non traité où il peut effectivement être redoutable : Hylotrupes bajulus plus connu sous le nom de capricorne des charpentes ou des maisons. Commune partout dans les boisements de pins divers, cette espèce nocturne est active de juin à septembre. C'est donc sa larve qui, en consommant le bois sec de conifère (exclusivement), peut engendrer de gros dégâts aux constructions anciennes comprenant ce type bois d’œuvre. Ce même travail larvaire conduit, dans la nature, à une rapide décomposition des troncs secs de résineux morts sur pied.
Voici donc à quoi ressemble la bête :

Hylotrupes bajulus (7 -21 mm), dont la larve se nourrit de conifères morts et secs.


Le même, avec les caractéristiques de l'espèce bien visibles, à savoir les impressions lisses et luisantes sur un thorax (pronotum) aux côtés arrondis et poilus, plus la petite tache claire (qui peut manquer) composée de poils sur chaque élytre.

Un autre Hylotrupes bajulus, avec les taches blanches plus importantes.



Le même, plus de face.


Si l'insecte trouvé au grenier ou à l’intérieur d'une habitation ne ressemble pas strictement aux images ci-dessus,  c'est autre chose ; il n'est pas rare que des insectes s'aventurent dans des bâtiments et, ne pouvant pas en ressortir, y meurent. Un cas de figure fréquent est celui d'insectes issus d'un stock de bois de chauffage (donc en principe non résineux), qui peuvent être de différentes espèces de longicornes, ou d'autres familles, mais qui ne présentent aucun danger. Je précise ceci sachant que certains margoulins sont prêts à certifier que la petite bestiole qui vous inquiète est bel et bien un "capricorne des maisons" alors que ce n'est ni lui, ni un autre longicorne, et parfois même, pas un coléoptère. On en a vu tenter de valider un cloporte, qui est un crustacé, c'est dire ...

Le Ropalopus femoratus est, comme la plupart des longicornes de ce genre, peu commun. Sa larve se développe dans le bois de différents feuillus et l'adulte est actif de mai à juillet.


Ropalopus femoratus (8-13 mm), un longicorne largement réparti mais assez rarement vu.

Le Pyrrhidium sanguineum est recouvert d'une véritable toison rouge vif. C'est une espèce printanière commune et facilement visible sur les tas de bûches. Parfois aussi dans les maisons, les adultes émergent du bois de chauffe stocké et cherchent à sortir, attirés par la lumière des fenêtres.

Pyrrhidium sanguineum (6-15 mm)

Le même.


Les Phymatodes sont les suivants, dont le commun Phymatodes testaceus, également souvent importé dans les maisons avec le bois de chauffage. Cette espèce crépusculaire et nocturne est d'aspect variable, comme illustré ci-après.


Phymatodes testaceus (6 -18 mm) en version bicolore.


Un autre aspect de Phymatodes testaceus.


Le même, plus en détail. L'échancrure des élytres ici très marquée, est le plus souvent absente.




Un genre proche, les Poecilium, est représenté, entre autres, par le discret et précoce Poecilium pusilum, actif au début du printemps et dont la larve exploite le bois mort des petites branches bien exposées des chênes.


Poecilium pusilum, une espèce précoce d'assez petite taille (5-10 mm)
 


Xylotrechus rusticus est un habitué des peupliers morts ou dépérissants mais aussi de nombreux autres arbres feuillus. Les adultes, au camouflage efficace, sont actifs toute la belle saison.

Xylotrechus rusticus (9-20 mm), un longicorne discret mais commun.



Le même, de profil.

Comme chez certains Lepturinae (autre sous famille évoquée dans le chapitre précédent), les Xylotrechus et plusieurs autres genres proches miment, par l'aspect et le mouvement, l'allure de grandes guêpes, ce qui peut limiter les risques de mauvaises rencontres ...

Voici Xylotrechus arvicola, une espèce de taille très variable (8-20 mm) fréquentant les fleurs d'ombellifères, de mai à août.


Xylotrechus arvicola, également visible sur les bûches ou les troncs d'arbres blessés.


Portrait du même, avec sa carène frontale caractéristique.


Portrait d'un autre spécimen de X. arvicola.

Le Xylotrechus antilope est proche du précédent mais de taille plus modeste (7-14 mm) et doté de fascies jaunes plus fines.

Xylotrechus antilope, une espèce principalement liée aux chênes.
Une espèce invasive (venue d'Italie et de Grèce) aux mœurs crépusculaires, Xylotrechus stebbingi, est maintenant "naturalisée" dans les départements du sud de la France et vit aux dépends du mûrier ou de quelques autres arbres à croissance rapide comme le platane.


Xylotrechus stebbingi (15-20 mm), un nouveau longicorne pour la faune de France, signalé depuis 1993.


Portrait du même, avec la carène frontale caractéristique du genre.



Genre proche des Xylotrechus, les Clytus exploitent aussi la livrée aposématique et la démarche saccadée des grandes guêpes. L'espèce la plus commune, Clytus arietis (nom que certains entomologistes facétieux s'amusent à franciser) se différencie des autres par ses antennes rousses et noires et la tache humérale (proche de l"'épaule") perpendiculaire à l'axe des élytres.


Clytus arietis (6-15 mm), commun sur les petites branches mortes d'arbres feuillus.


Le même, de profil.

Les quatre autres espèces françaises de ce genre sont plus localisées et plus rares.


Les Plagionotus sont également adeptes du contraste "hyménoptérique" et peuvent être vus, la journée, sur les troncs d'arbres affaiblis ou abattus. Le plus commun d'entre-eux est le Plagionotus arcuatus, habitué des chênes mais aussi parfois présent sur d'autres essences feuillues.

Plagionotus arcuatus (8-20 mm), un longicorne actif de mai à août.

Les taches jaunes sont variables d'un individu à l'autre.
 
Plagionotus arcuatus, encore.

Toujours sur les chênes, mais un peu moins commun, le Plagionotus detritus est lui aussi largement répandu en Europe.


Plagionotus detritus (10-19 mm, bien évidemment sans les antennes)


La troisième espèce française, Plagionotus floralis, est assez rare dans l'ouest de l'Europe et n'est présente, en France, qu'en zone méditerranéenne et dans le sud du couloir rhodanien. Contrairement aux deux précédentes espèces dont les larves se nourrissent de bois mort, celle du P. floralis consomme des plantes herbacées (euphorbe, achillée ..), de plus, l'adulte, comme son nom l'indique, apprécie diverses inflorescences à la différence de ceux de P. arcuatus et P. detritus qui semblent insensibles à cette ressource.


Plagionotus floralis (6-20 mm), une espèce assez localisée.


Considérée comme rare, Pseudosphegesthes cinerea est une espèce liée aux vieilles chênaies claires mais qui peut aussi se développer sous l'écorce de peupliers âgés. L'adulte vole en juillet et août mais est difficilement visible.


Pseudosphegesthes cinerea (8-15 mm), une espèce exigeante des boisements feuillus anciens et ensoleillés.


Le même de profil.


Portrait de Pseudosphegesthes cinerea.


Les suivants sont les Chlorophorus, dont les adultes, diurnes, fréquentent de nombreuses fleurs.


Chlorophorus pilosus (9-18 mm), assez commun partout.


Un des plus communs, souvent sur les ombelles des apiacées et appréciant la chaleur, le Chlorophorus varius est visible de juin à septembre.


Chlorophorus varius (8-14 mm), en version assez grisâtre.


Chlorophorus varius à la livrée plus franchement jaune.

Le Chlorophorus figuratus est surtout présent dans la moitié Est du pays, fréquent sur diverses inflorescences.



Chlorophorus figuratus (6-13 mm)

Le Chlorophorus sartor est le plus petit du genre et est largement présent en France.


Chlorophorus sartor (5-9 mm), discrète espèce habituée des ombelles.


L'espèce suivante, Chlorophorus ruficornis, est assez peu commune et ne se rencontre que dans le sud du pays. Sa larve se développe dans le bois mort des branches de chêne.


Chlorophorus ruficornis (8-12 mm), parfois visible sur les fleurs de carottes.


Un peu plus de profil.

Détail du même.


Moins méditerranéen que l'espèce précédente, Chlorophorus trifasciatus est aussi un habitué des ombellifères, particulièrement des panicauts.

Chlorophorus trifasciatus (6-9 mm), ici sur une fleur de carotte.


Anaglyptus mysticus est une espèce plutôt forestière assez communément visible de mai à juin.

Anaglyptus mysticus (6-14 mm), dont la larve consomme le bois mort de nombreux feuillus.