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jeudi 8 octobre 2015

Un Fourmilion et sa larve (Euroleon nostras)

Encore une famille curieuse chez les névroptères, les Myrmeleontidae, qui regroupe les différentes espèces de Fourmilions. L'une d'entre-elles, parmi les plus communes de France, est assez facilement observable, l'adulte étant actif en plein été, souvent attiré par les lumières au crépuscule et sa célèbre larve creusant de petits entonnoirs abrités de la pluie, bien exposés, dans des sols meubles et secs.
L'adulte évoque une sorte de libellule molle, au vol court et hésitant mais ses ailes en toit et ses assez longues antennes l'en distinguent, c'est Euroleon nostras.

Euroleon nostras (envergure 60-65 mm, longueur du corps 30-35 mm)

Envol du même

 Jusqu'à maintenant, rien de bien terrible, l'adulte affiche même de bien jolies facettes ...


Euroleon nostras, de face.


Le travail de la larve, qui ne se déplace qu'à reculons, est méthodique et le résultat, impeccable.


A l'entrée d'une grange, en creux, un cône parfait d'environ 5 centimètres d'ouverture, œuvre d'une larve à son dernier stade. 

Un autre entonnoir, à l'abri d'un surplomb et au pied d'un mur bien exposé.

La larve, qui se développe en deux ans, creuse donc ses pièges, en rapport avec sa taille, tout au long de sa croissance. Le principe en est simple, l'éboulement survient à la première surcharge et entraîne la malchanceuse proie vers le fond où s'est embusquée la larve, laquelle ne se prive pas d'accélérer le mouvement, usant de sa tête pour projeter avec force, et à répétition si nécessaire, des pelletées de sable. 


Un "gendarme" (Pyrrhocoris apterus, 10 mm) vient à peine de choir que déjà le bombardement commence.


Il en était presque sorti mais les projections, furieuses, le ré-entraînent vers le fond.


Ce coup là, il ne remontera plus. Coincé par les mandibules de la larve, il est comme fixé au fond de l'entonnoir.


Mais quelle est la créature assez puissante pour ainsi clouer sa proie avant de l'entraîner et de disparaitre dans le sol ?

Cette créature, la voici au dernier stade soit dix millimètres d'une harmonie assez particulière.


Trapue, ventrue, avec sa tête en pelle et ses immenses mandibules acérées, voilà la bête déterrée.


Portrait de la larve. Ses longues mandibules creuses lui permettent d'aspirer le contenu liquéfié de ses proies.


On retrouve l'efficacité des pattes ravisseuses des mantes et mantispes, adaptée à un circuit encore plus court !


Arrivée à la fin de son dernier stade, la larve confectionne un cocon, enterré, assez parfaitement sphérique, d'un petit centimètre de diamètre, soyeux à l'intérieur puis se nymphose.


Mais cette réussite attire des parasites dont certaines espèces de mouches et de guêpes spécialisées dans la manœuvre ...


Exuvie nymphale d'un diptère parasite tombée à l’extérieur du cocon.


Et la mouche parasite sortie de l'exuvie, un Bombyliidae. 

Enfin, voici parmi les espèces de Fourmilions de France, le plus grand, strictement méditerranéen.



Palpares libelluloides, un géant dépassant aisément les dix centimètres d'envergure dont la larve chasse au sol sans creuser d'entonnoir.


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